Tchitù : éTude et Conservation des grands daupHins de l’Indo-pacifique uTilisant le lagon sUd de nouvelle-calédonie

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Financement : CCCE (Comité Consultatif Coutumier Environnemental)

Contexte

Récemment reconnu comme une espèce à part entière, le grand dauphin de l’Indo-Pacifique est un des cétacés les plus fréquemment observés dans les eaux côtières de Nouvelle-Calédonie. Les études menées depuis une vingtaine d’années sur cette espèce ont montré un isolement démographique et génétique et l’existence d’un minimum de six populations distinctes autour de la Grande Terre. De par son habitat côtier, cette espèce est concernée par les pressions anthropiques comme le morcellement ou la dégradation de son habitat qui constituent des menaces. La situation périphérique de la Nouvelle-Calédonie située à la limite sud-est de son aire de répartition, renforce la vulnérabilité de l’espèce, les populations étant potentiellement moins résilientes et plus vulnérables.

De nombreuses données ont été collectées sur cette espèce dans le Grand Lagon Sud (GLS) mais à ce jour, la ou les populations qui y sont présentes restent méconnues des acteurs scientifiques ainsi que des gestionnaires, ne permettant pas d’établir une stratégie de conservation efficace de cette espèce ni d’en assurer la préservation.

Objectifs

Une première analyse des données collectées entre 1997 et 2008 a permis de dénombrer environ 130 individus mais les données collectées ces dix dernières années restent à analyser afin de pouvoir estimer la composition actuelle de cette population, de comprendre la manière dont elle utilise le GLS et de connaître les échanges existant entre les différents groupes de dauphins au sein de cette vaste zone. Par ailleurs, une analyse génétique réalisée sur les dauphins du GLS entre 2008 et 2009 a montré que ceux-ci présentent des similarités génétiques avec certaines populations adjacentes telles que celle de Nouméa. L’étude des échanges potentiels entre les grands dauphins du GLS et ceux des régions voisines permettra de comprendre l’évolution spatio-temporelle de la structure de la population du GLS et d'estimer son degré d’isolation.

Des variations dans la composition de la population peuvent résulter de perturbations d'origines naturelles ou anthropiques. Les principales menaces qui pèsent sur les mammifères marins sont le dérangement lié au trafic maritime, la dégradation des habitats et la pêche. Or, le trafic maritime a subi une importante augmentation entre 1995 et 2008 dans le GLS de la Nouvelle-Calédonie, augmentant le risque potentiel d’interaction avec les mammifères marins dans cette région. L'étude de la pression anthropique sur la population de dauphins du GLS pourra être réalisée à partir de l’analyse des marques présentes sur leurs nageoires dorsales afin d'estimer les pressions potentielles qui s’exercent sur la population. En effet, ces marques peuvent être dues aux interactions entre les animaux mais elles peuvent également témoigner de collisions ou d'interactions avec les engins de pêche.

Financé par le CCCE (Comité Consultatif Coutumier Environnemental), le projet TCHITU permettra d'obtenir un état des connaissances de cette population en répondant aux questions suivantes :

- Quelle est la composition de la population de grands dauphins de l'Indo-Pacifique ?

- Comment cette population utilise-t-elle la vaste zone du GLS ?

- Existe-t-il des échanges avec les populations voisines ?

- A quelles pressions anthropiques potentielles cette population est-elle soumise ?


Financement :

CCCE (Comité Consultatif Coutumier Environnemental)


Partenaires :

CCCE

Opération Cétacés